jeudi 20 janvier 2011

Efficacité et efficience de nos échecs et erreurs (1/3)


Apprendre en faisant aux alentours d'Oslo

Quelle doit être notre réaction quand nous échouons ou faisons une erreur ? Faut-il se désespérer et regretter ? Devons nous nous assurer que nous connaissons tout sur un sujet avant de l'aborder afin d'éviter les erreurs ?
Des éléments de réponse dans ce billet et les deux suivants (Je commence à parler comme au Journal télévisé: avez vous noté que quand ils présentent un sujet avant de montrer le reportage il disent souvent "des éléments de réponse avec...")  


Si vous le voulez bien pour aborder ces questions brûlantes, je vais commencer par vous parler de mes débuts sportifs à ski et en planche à voile au temps de ma folle jeunesse!
  • Je suis monté sur des skis pour la première fois quand j'avais 21 ans, je n'ai pas pris de leçons mais ai commencé le premier jour à m'habituer au matériel en tentant d'avancer et de glisser sur un terrain très peu pentu au bas des remontées mécaniques. Le deuxième jour, j'ai pris un tire fesses et suis tombé au bout de quelques centaines de mètres hors de la piste damée...si je me rappelle bien il a du me falloir 1 à 2 heures pour rejoindre le départ des remontées mécaniques. Le cinquième jour je prenais le tire fesses sans problème et descendait la plupart des pistes damées avec seulement quelques chutes occasionnelles. Après quelques saisons, je ne tombais plus...et j'ai du même coup arrêté de faire des progrès.

  • J'ai démarré la planche à voile quand j'avais plus de 30 ans et ai appris de la même manière. J'ai acheté une planche à voile (c'était des "paquebots" à cette époque et on pouvait tenir dessus debout sans peine même à l'arrêt).  J'ai commencé à en faire pendant une semaine à Bandol durant laquelle le Mistral a soufflé les 6 premiers jours. J'ai passé mon temps à monter sur la planche, remonter la voile, commencer à avancer, tomber au bout de quelques mètres ou quelques secondes, remonter à grand peine sur la planche, dériver sous l'effet du vent. Heureusement l'endroit où je faisais ces premiers essais était une crique et le Mistral poussait vers la côte opposée à quelques centaines de mètres. Quand j'avais fini de dériver et atteignait la côte opposée, je pliais plus ou moins la voile et poussait la planche le long de la plage pour revenir à ma position d'origine d'où je repartais ...Cela a duré ainsi 6 jours. Le septième jour, le Mistral a cessé, une petite brise soufflait. je suis monté sur ma planche et ne suis plus tombé que épisodiquement.
    Et pour la petite histoire, à force de tomber et de remonter, toutes les parties de mon corps qui n'étaient pas protégées par la combinaison avaient été râpées comme avec du papier de verre par les "picots" de la planche. Il m'a fallu donner force explication sur l'origine de ces "blessures" au pharmacien à qui je demandais un produit pour soulager les désagréments causés 

Résumons.
  • A mon meilleur niveau, je pouvais descendre à ski très vite sur n'importe quelle piste damée mais cela me demandait beaucoup de force dans les jambes et de temps en temps je me "faisais" peur et devait ralentir. J'étais devenu efficace car j'arrivais à skier vite et à maîtriser suffisamment ma trajectoire pour ne pas être un danger pour les autres. En revanche j'étais peu efficient car ce résultat était obtenu avec un effort musculaire important. Par contre, je ne suis jamais arrivé à skier convenablement dans la poudreuse car cela demande une technique que je n'ai jamais apprise et qu'il est très difficile d'apprendre seul.
  • Avec la planche à voile c'est un peu la même histoire. Je pouvais faire de la planche à voile pratiquement partout mais en sollicitant beaucoup les bras et le dos. Ici aussi j'étais efficace mais pas efficient. Et de plus je n'aurais sans doute jamais pu apprendre ainsi avec les planches modernes qui ne supportent pas le poids du corps quand elles sont à l'arrêt et exigent beaucoup plus de technique pour démarrer avec "water start".

Quels enseignements tirer de ces belles histoires de ma jeunesse ? 
  • A titre individuel ou collectif on peut apprendre par "essais et erreurs" (trial and errors). C'est même une des méthodes les plus efficaces et motivantes qui existent. On apprends en faisant.... Tomber, remonter sur les skis ou la planche, etc...
  • Pour progresser au delà d'un certain niveau, il faut tirer les leçons de ses échecs et erreurs et prendre les mesures nécessaires pour s'améliorer. Je ne l'ai pas fait: j'aurais eu besoin de leçons pour apprendre à skier dans la poudreuse.
  • Pour dépasser la simple efficacité et gagner en efficience, il faut aussi analyser les techniques et méthodes utilisées et les améliorer pour atteindre le même résultat avec moins d'efforts, d'énergie ou de ressources. Dans mon cas, si je voulais reprendre la planche à voile, il me faudrait sans doute améliorer ma technique car mes bras et mon dos ne sont plus ce qu'ils étaient!
  • Dans certains cas, commencer par faire avant même d'avoir appris, se former en faisant et se perfectionner en analysant les faiblesses et mettant en oeuvre des actions d'amélioration  reste une bonne méthode pour se lancer dans une nouvelle activité. Personnellement, je n'ai jamais pu me décider à démarrer la pratique du golf -malgré les sollicitations de collègues qui en faisaient - car c'est un sport où il faut apprendre les bases techniques avant de pouvoir jouer. D'autres  personnes, par contre, préfèrent au contraire "apprendre et tout savoir" avant de se lancer. Il ne faut donc pas généraliser.  
Ces enseignements illustrent deux notions très utiles dans la sphère du management : apprendre et s'améliorer de nos erreurs et échecs et apprendre en faisant. Nous allons nous arrêter ici pour aujourd'hui. Nos deux prochains billets traiteront respectivement de chacune de ces notions.

Ce sera tout pour aujourd'hui. Vous pouvez retourner à vos activités normales. Ciao, bonsoir.

P.S: Je ne résiste pas au plaisir de raconter une histoire qui, je pense, est vraie et s'est passée dans une grande société très connue à une époque pour ses méthodes de management (Peut être Général Electric mais je n'en suis pas sûr). Un jeune cadre embauché depuis peu, s'était vu confier de larges responsabilités et avait fait une erreur qui avait coûté plusieurs millions de dollars. Désespéré il va voir le président de la société et lui annonce qu'il est désolé et qu'il va démissionner. Le président lui aurait alors répondu "Démissionner? Vous n'y pensez pas, nous venons juste d'investir plusieurs millions de dollars dans votre formation"
     





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