mardi 5 juillet 2011

Brulons nos vaisseaux pour nous aider à progresser

Connaissez-vous l'expression "brûler ses vaisseaux"? Elle signifie se couper toute possibilité de repli, de recul et être condamné à aller de l'avant.
Cette expression ne fait que nous rappeler ce qu'a fait le "conquistador" Cortez lorsque au début du 16ème siècle il a débarqué en Amérique centrale venant de Cuba qui avait été découvert et occupé depuis quelques dizaines d'années.
Avec à peu près 1000 hommes, il faisait face à une entière civilisation forte de plusieurs millions d'hommes. On peut imaginer que le moral des troupes ne devait pas être toujours au beau fixe et que Cortez avait quelques difficultés à persuader ses troupes d'abandonner la sécurité du rivage et la proximité des bateaux pour s'enfoncer dans les terres.
Cortez a alors fait mettre le feu à toute sa flotte (sauf 1 vaisseau pour être exact). Privé de la sûreté d'une position de repli, lui et ses hommes n'avaient plus d'autres possibilités que de foncer en avant.
On peut regretter la disparition de la civilisation Aztèque qui en a résulté mais du point de vue de Cortez, en brûlant ses vaisseaux, il s'était mis dans une position où il n'avait pas d'autres choix que de progresser et de réussir.

Dans le cadre de notre vie professionnelle nous pouvons constater des phénomènes similaires. quand les circonstances nous mettent dans une position où il n'y a plus le choix, nous réussissons en général ce qui dans des circonstances ordinaires semblait impossible à réaliser.

Est-ce que la plupart des améliorations de fiabilité des équipements ou de capacité de production, par exemple, n'ont pas lieu quand il y a une forte contrainte, un besoin pressant de produits excédant la capacité "normale" des unités de production?

Nous pourrions réaliser ces "petits miracles" hors contraintes extérieures mais, en général, nous ne le faisons pas. Pour diverses raison: parce que nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord, parce que c'est plus confortable de ne rien changer, parce que on pensait que c'est impossible ou parce que c'était difficile, etc.

Quand les circonstances nous ont obligé à foncer, à aller de l'avant, à atteindre des objectifs difficiles, il n'y a plus le choix, nous devons oser et quand nous osons les choses deviennent faciles.

J'ai pu constater dans ma vie professionnelle que, paradoxalement, il est souvent plus facile d'atteindre des objectifs ambitieux que des objectifs "tièdes". Quand on doit s'améliorer significativement, on ose tout remettre en question, les habitudes, les processus, les méthodes,..., le champ d'actions possibles devient beaucoup plus large et la probabilité de trouver une "bonne solution" s'accroît.
  • Pendant longtemps, nous n'arrivions pas à réduire le nombre de livraisons "avec dérogation" (c'est à dire des produits qui ne correspondaient pas complètement aux spécifications agréées avec les client et pour lesquelles nous devions demander un accord préalable aux clients avant de pouvoir les livrer). Le jour où nous avons cherché à obtenir une certification Qualité pour ces produits, nous n'avions plus le choix ! nous devions réduire significativement ce nombre de dérogations.  Vingt ans plus tard je me rappelle encore cette réunion où pressé par les circonstances, et mettant en commun toutes nos idées et suggestions, nous avons défini une série d'actions dans tous les domaines qui en moins de 2 mois ont résulté en la disparition complète des demandes de dérogations, pas une réduction mais une élimination complète!.   
En résumé
  • Si nous sommes conscient de ce phénomène, nous pouvons apprendre à voir le coté positif des contraintes qui nous "tombent" dessus.  Et profiter de ce que nous n'avons plus le choix pour progresser et réaliser des choses que nous n'aurions jamais réalisées autrement.
  • Pour notre travail personnel aussi, nous pouvons nous fixer des objectifs difficiles. Nous mettant ainsi volontairement sous contrainte, nous nous forcerons à donner le meilleur de nous même, à devenir plus créatif, à renforcer notre efficience, à oser sortir des chemins habituels...et nous "condamnant ainsi à réussir" 
Voila ce sera tout pour aujourd'hui. Je vais vous laisser méditer sur cette pensée de Sénèque
"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas. c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles"
 Vous pouvez arrêter la lecture de ce blog et reprendre vos activités habituelles. Ciao, bonsoir.


 P.S.1: si j'osais! Allez j'ose!  je résumerai en disant "quand il semble difficile de réaliser des objectifs, ne soyons pas trop cartésien, et ne les réduisons pas. Soyons "Cortezien", et rendons les plus ambitieux: nous augmentons ainsi nos chances de les atteindre.

P.S.2: les notions évoquées dans le billet ci-dessus se rapprochent des notions utilisées pour la conduite du changement ou le re-engineering, dont je vous entretiendrais sans doute à l'occasion de prochains billets.

P.S.3: Pour illustrer mon propos: je n'arrivais pas à me décider à écrire un billet pour l'un des mes blogs. Du coup, j'ai décidé que je devais en écrire deux...et toutes mes inhibitions sont tombées, je suis devenu plus productif, j'ai eu plus d'idées...et j'ai écrit mes deux billets dans le temps qu'il me faut normalement pour écrire un seul billet. Etonnant, n'est ce pas?

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