dimanche 8 juillet 2012

De serendipité, de palmiers, de papillons et des leçons à en tirer pour faire mieux la prochaine fois

Photo des palmiers avant plantation
deux ans plus tard, le plus grand a été attaqué
par le papillon du palmier
et a du être abattu
L'introduction de ce billet est un peu longue et peut sembler déplacée dans un blog consacré au management et à l'organisation, mais n'ayez crainte; ce billet parle bien  d'efficacité et d'organisation et non de jardinage.

Depuis deux ans j'ai entrepris de refaire complètement mon jardin alors que je l'avais négligé pendant 20 ans.  J'ai commencé par faire abattre 9 pins noirs d'Autriche qui occupaient la plus grande partie de la surface. En effet ces arbres, outre qu'ils ne sont pas très esthétiques, constituent un vrai régal pour les chenilles processionnaires. Chaque année je devais escalader les branches pour ôter une cinquantaine de nids qui, malgré divers traitements que nous avions pu essayer, réapparaissaient à chaque printemps..

Je me suis donc trouvé avec un terrain presque nu (Il restait un cyprès et quelques arbustes) à reconfigurer.
J'ai pris un jardinier pour faire rentrer une trentaine de m3 de terre et pour planter une dizaine d'arbres relativement gros (Dont un olivier en pot pour un poids de 800kg) et ensuite je me suis mis à la tâche. N'ayant aucune connaissance particulière dans le domaine, j'ai fait fortement appel à Internet et aux conseils que je pouvais recevoir au hasard des rencontres. Et maintenant, deux ans plus tard, après avoir planté sans doute environ deux cents plantes, fait des surfaces de circulation, installé l'arrosage automatique, etc...je peux dire que mon jardin est achevé. Il ne reste plus l'entretenir.

La phase d'entretien consiste à nettoyer, couper, tailler, etc. mais aussi à surveiller les plantes pour détecter les attaques d'insectes ou de maladies et traiter en conséquence. Depuis sa plantation, un des deux palmiers déclinait. En pot il était magnifique. Une fois planté, des feuilles ont commencé à sécher la première année. La deuxième année il n'a pas fait de fruit et il a continué à se dégarnir. Cette année, c'est la "Berezina", au sortir de l'hiver il n'avait quasiment que des feuilles sèches et aucune nouvelle n'a poussé. Et je viens de réaliser que depuis deux ans nous avions implicitement accepté cet état de fait. Accusant la longue période de mistral quand nous l'avons planté, puis un excès d'eau lors des l'arrosage automatique du gazon puis le dernier hiver très froid....

Aujourd'hui, le palmier est définitivement déclaré "mort". J'ai coupé le tronc et ai traité le deuxième palmier pour qu'il ne subisse pas le même sort. Car depuis quelques jours j'ai trouvé l"origine de la mort du palmier. Et je pense que qu'il y a des leçons à en tirer en matière d'efficacité et organisation personnelle.
Ce sont ces leçons que je me propose de partager avec vous dans ce billet.

1. Ne pas se fier à ses impressions et souvenirs mais utiliser des données objectives pour analyser une situation
Lors de l'écriture de ce blog j'ai revu les photos que j'avais pu prendre des palmiers a diverses époques et les photos montrent une dégradation accélérée de l'état du palmier à partir de l'été 2011 alors que dans mes souvenirs il me semblait y avoir eu une dégradation continue depuis la plantation en Mai 2010. Cela confirme bien que pour analyser un phénomène, il faut se fier à des données objectives et pas à ses impressions ou ses souvenirs comme j'ai fait. Si j'avais plus tôt comparé les photos entre Mai 2010 et l'automne 2011, j'aurais sans doute réalisé qu'il y avait une amplification de la dégradation et j'aurais agi alors pour tenter de sauver le palmier.
On cite souvent le cas de la grenouille qui est mise dans de l'eau  froide que l'on chauffe. La grenouille finit ébouillantée sans qu'elle ait bougé alors que si on la mettait directement dans de l'eau chaude elle s'échapperait. A chaque instant, la température de l'eau n'est qu'un peu plus chaude que l'instant d'avant donc la grenouille "s'habitue": "il n'y a pas de quoi s'affoler". Alors si elle mesurait la température de l'eau elle aurait réalisé que l'eau allait dépasser 65°C, seuil à partir duquel il y a des brûlures du second et elle se serait dépêchée de fuir (Je parle bien sur d'une grenouille intelligente comme on en voit dans les contes de fée). 

2. J'ai trouvé l'origine du problème sur la dégradation du palmier par hasard, par sérendipité qui se révèle toujours aussi fructueuse si on est ouvert aux autres et à leur savoir.
Lors d'une réunion avec la société pour laquelle j'écris quelques articles sur la qualité et qui se tenait à Nimes, dans le Gard, je discutais pendant le déjeuner avec une de mes voisines de table. Nous découvrons que tous les deux nous aimons jardiner. Nous comparons les dégâts causés par le froid cet hiver et je cite que mon palmier est "mourant". Effectivement le froid a abîmé les palmiers mais ils devraient repartir ...

Mais, dans la foulée, elle ajoute que dans le Gard, en particulier, ils ont du protéger des palmiers contre des papillons qui pondent dans le tronc et les chenilles résultantes mangent le coeur du palmier conduisant à sa mort. Je n'ai pas tout de suite fait le lien avec mon problème mais le lendemain quand j'ai examiné de près le tronc du palmier j'ai vu les restes d'une carapace de chrysalide qui suggérait la présence de papillons. Une fois ce constat fait, me revient aussitôt à l'esprit une photo que j'avais prise dans le jardin d'un papillon "bizarre". Je cherche sur Internet "papillon du palmier" et bingo! le papillon que j'ai photographié est un papillon du palmier.
Mon palmier a du être mangé de l'intérieur par les chenilles du papillons du palmier qui ont du pondre dans le palmier pendant l'été 2011 d'où la dégénerescence accrue à partir de l'automne 2011.
Sur Internet je trouve aussi le traitement préventif à appliquer: il est trop tard pour le plus grand palmier mais je peux peut-être éviter un sort similaire pour le plus petit.

Donc en résumé, j'ai trouvé la solution à un problème que je ne réalisais pas vraiment que j'avais, grâce à une discussion avec une personne que je n'aurais jamais du rencontrer - car j'ai oublié de vous le dire cette personne n'avait rien à faire avec notre réunion et ne s'était jointe à nous pour le repas que par hasard (ce qui est sans doute pourquoi nous avons discuté jardin et pas articles sur la Qualité).
Encore un bel exemple de serendipité qui a frappé pour le meilleur! Et comme j'ai eu l'occasion de le décrire dans le billet forcer sa chance pour faire mieux et plus efficace et billets suivants on peut adopter des comportements qui favorisent l"apparition de la sérendipité.

3. Quand on aborde un domaine que l'on ne connaît pas, il faut se documenter au plus tôt.
Lorque j'ai planté mon palmier, j'aurais du regarder sur Internet quels étaient les maladies et insectes à surveiller. J'aurais tout de suite été alerté sur les dangers du papillon du palmier et j'aurais surveillé mon arbre. Il parait qu'en collant son oreille contre le tronc on peut entendre le bruit fait par les chenilles en creusant l'arbre (ou voir la présence de sciure au pied du tronc). Et j'aurais pu traiter à temps.

Je ne l'ai pas fait et mon jardinier ne m'a pas signalé ce danger car il n'avait pas encore vraiment été confronté à ce nuisible. Le papillon a été introduit en France en 1997 et progresse mais il est surtout actif dans l'Herault et le Gard (et c'est sans doute parce que ma réunion a eu lieu à Nîmes que j'ai entendu parler de ce fameux papillon).
"Quand tout le reste a échoué, lire le mode d'emploi" mais dans le cas présent quand j'ai lu le mode d'emploi il était trop tard!

4. Enfin, je n'avais pas explicitement identifié la dégénerescence du palmier comme un problème à part entière.
En conséquence, je n'ai pas cherché à le résoudre de manière organisée et systématique. Je suis resté sur mes impressions: trop de vent, trop d'humidité, trop de froid,...qui étaient sans doute des facteurs mais secondaires par rapport au papillon.
Si je m'étais organisé pour résoudre le problème quand la dégénérescence s'est amplifiée, j'aurais consulté Internet, j'y aurais tout de suite trouvé le danger du papillon et les moyens de vérifier si le palmier était  infecté et j'aurais sans doute pu traiter à temps.
C'est une notion proche de celle exprimée dans mon billet "traitons le comme un projet".

5. Il faut apprendre et tirer les leçons de ses ratés et de ses échecs 
Dans les points positifs de cette triste histoire, reste le fait que je suis capable de tirer les leçons de mes échecs pour essayer de faire mieux la fois suivante. Cela s'appelle "apprendre de ses échecs" ou "l'amélioration continue" et je ne peux que vous engager à adopter et à faire adopter par votre organisation ces démarches de progrès (Cf. billets De l'efficacité et efficience de nos échecs et erreurs  et les deux suivants)

Voici donc un billet qui arrive après une très longue période de silence. J'espère que cette péripétie "jardinesque" vous a intéressé. J'ai 5 nouveaux billets en préparation donc le rythme de parution devrait bientôt redevenir normal.

Ce sera tout pour aujourd'hui. Vous pouvez arrêter la lecture de ce blog et reprendre une activité normale. Ciao, bonsoir.












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