mercredi 8 juillet 2015

Y a comme une faille dans la gouvernance et l'organisation !


Assemblage disparate de bâtiments (Le musée du MUCEM,
la cathédrale de la Major, la tour CMA-CGM et le
chapiteau d'un cirque !)
En Avril 2015, des fragilités potentielles ont été découvertes par l'autorité de Sûreté nucléaire sur le couvercle et le fond de la cuve du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville. Il s'agit en fait de teneurs deux fois trop élevées en carbone qui entraînent une fragilité plus grande de la cuve et peuvent réduire sa résistance aux radiations ou aux chocs.
Aujourd'hui, il apparaît que ces teneurs en carbone trop élevées avaient été détectés par Areva en 2006 mais n'avaient pas été signalées alors à l'autorité de sûreté nucléaire (article du Canard Enchaîné)
Réponse d'Areva : "c'est inhérent à la physique" et "au refroidissement des gros lingots d'acier". .

A titre d'exercice, examinons quelques unes des interrogations que suscite cette situation dans le domaine de l'organisation et du management



D'un point de vue technique, il est connu que lors du moulage d'une pièce en acier les impuretés se concentrent en haut et en bas et donc on élimine ces parties dans la pièce finale.  Donc comme le dit Areva c'est "inhérent à la physique"mais un processus opérationnel bien maîtrisé permet d'y remédier.

Questions sur les processus opérationnels :
Si la cuve de l'EPR finlandais ne présente pas ces défauts, comment ont-ils été produits et pourquoi les cuves de Flamanville présentent ces défauts ? Est ce que Areva a modifié le processus opérationnel ? Ou ne maîtrisent-ils pas suffisamment les paramètres de ce processus et obtiennent-ils des résultats aléatoires avec une trop grande dispersion statistique  ?

Si la cuve de l'EPR finlandais présente les mêmes défauts, alors...cela risque encore de retarder sa mise en route

Questions sur la gouvernance et le contrôle interne
Dans les points positifs, le contrôle qualité d'Areva semble être satisfaisant puisqu'ils auraient détectés en 2006 la trop forte teneur en carbone aux extrémités de la cuve.
Mais pourquoi n'ont-ils pas signalé ce défaut à l'autorité de Sûreté nucléaire (même si il ne sont pas légalement tenus de le faire)? Il était évident que ce défaut serait révélé un jour alors autant traiter le problème au plus tôt (La vérité est dure mais c'est la vérité). A quel niveau la décision a été prise de ne pas le signaler ? si c'est au niveau de la direction, je pense que cela illustre un vrai problème de gouvernance. Si l'information s'est perdue dans l'organisation d'Areva, cela peut révéler des failles dans les procédures de contrôle interne.

Implication marketing :
Un tel défaut pourrait peut être être acceptable (??) pour un réacteur autre que EPR...mais cette technologie beaucoup plus chère est supposée être la plus sûre du monde (?). Comment avoir confiance dans cet argument, si la technologie est sûre mais que la mise en oeuvre présente des faiblesses ? Cela discrédite complètement tous les arguments de vente ! Il aurait vraiment mieux valu traiter ce problème beaucoup plus tôt avant que les cuves soient installées et que le problème soit apporté sur le domaine public.

Voila, ce sera tout pour aujourd'hui. Vous pouvez arrêter la lecture de ce blog et reprendre une activité normale. Ciao, bonsoir.

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